Les méthodes
Préservatif externe
Connu de tous, facile d’accès, son utilisation parfaite est nécessaire pour assurer la protection contre les IST et son efficacité contraceptive. Son accès a été facilité en France par le remboursement par la Sécurité Sociale au début des années 2020.
Index
Généralités
Principe
Fine membrane en latex ou en polyuréthane à usage unique, placée sur la verge en érection lors des rapports sexuels pour constituer une barrière physique entre le sperme éjaculé et les voies vaginales.
Réduction du risque de transmission d’un certain nombre d’infections sexuellement transmissibles (IST), si l’utilisation est correcte. (14)[2+]
Prévalence d’utilisation
- 15,5 % en France. (15)
Contre–indications
La seule contre-indication est l’allergie au latex, auquel cas l’utilisation de préservatifs en polyuréthane est recommandée.
Efficacité contraceptive
Méthode modérément efficace (16)
Risque de grossesse en utilisation pratique : 13 % par an (risque théorique : 2 %/an)
Afin de réduire le risque d’échec, il est nécessaire d’informer les personnes sur:
- Les règles d’utilisation (17)[3] ;
- Vérifier la date de péremption et l’intégrité de l’emballage, avant de l’ouvrir à la main,
- Placement correct : sur le pénis en érection avant tout contact entre le pénis et le corps du·de la partenaire, le dérouler sur toute sa longueur jusqu’à la base du pénis tout en pinçant le réservoir avec ses doigts,
- Se retirer rapidement après éjaculation, avant la diminution de l’érection, en maintenant le préservatif à la base du pénis (afin d’éviter le risque de glissement), nouer et jeter le préservatif à la poubelle.
Figure 2 : Règles d’utilisation du préservatif externe
- La nécessité d’une utilisation à chaque rapport, du début à la fin du rapport ; ne pas superposer 2 préservatifs ou de ne pas associer préservatif interne et externe (risque de rupture) ;
- L’utilisation préférentielle de préservatifs en latex sauf en cas d’allergie (taux de rupture significativement plus élevé avec le polyuréthane) (18)[1++] ;
- L’importance d’utiliser un préservatif de taille adaptée, il doit recouvrir la verge en érection sur toute sa longueur, et l’anneau ne doit pas serrer la base (risque de rupture augmenté avec préservatif trop petit) (19)[3] (AE)[4] ;
- Le risque de rupture augmenté en cas d’utilisation de lubrifiants à base de corps gras, traitement antifongique local à type d’ovules vaginaux (20).
On peut conseiller l’addition d’un lubrifiant spermicide au préservatif qui réduit le risque de grossesse. (21)[3]
Il convient également d’expliquer la conduite à tenir en cas de rupture, glissement ou oubli du préservatif : utilisation d’une contraception d’urgence, le plus vite possible après le rapport sexuel à risque de fécondation (pilule d’urgence ou pose d’un dispositif intra-utérin en cuivre) et la réalisation d’un test de grossesse 3 semaines après le rapport sexuel à risque. (AE)[4]
Effets indésirables
Il existe un risque d’allergie chez les personnes souffrant de dermatite de contact aux gants en latex, chez qui il est recommandé d’utiliser des préservatifs en polyuréthane. (22)[2+]
Des troubles de l’érection associés au port de préservatif sont rapportés par certaines personnes. Son incidence est estimée entre 9 et 20 %. Toutefois, une étude suggère que ces personnes seraient prédisposées à des troubles érectiles. (23)[2+]
Acceptabilité
Le retentissement de l’utilisation du préservatif sur le plaisir sexuel est controversé, selon les études. (24,25)[3] À noter que les personnes qui perçoivent le préservatif comme diminuant le plaisir l’utilisent moins. (26)[3]
La nécessité de mettre le préservatif en place au début de l’acte sexuel peut être un frein à son utilisation. (AE)[4]
Prescription et remboursement
Certaines marques de préservatifs externes sont prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans ordonnance, pour les moins de 26 ans, sans minimum d’âge (sur présentation de la carte vitale, attestation de droits, ou pièce d’identité / sans justificatifs pour les personnes de moins de 18 ans) (27). Elles disposent de différentes tailles.
À ce jour, aucun préservatif sans latex n’est pris en charge par l’Assurance maladie.
Pour les 26 ans et plus, ces préservatifs sont pris en charge par l’Assurance maladie à hauteur de 60 %, sur prescription médicale. Les 40 % restants peuvent être pris en charge par les mutuelles.
Une ordonnance à renouveler sur 1 an peut être proposée, ainsi qu’une coprescription d’une pilule d’urgence (il est possible de prescrire des pilules d’urgence à des hommes). (AE)[4]
Ces dispositifs sont également disponibles gratuitement dans la plupart des Centres de Santé Sexuelle (CSS), centres de dépistage (CeGIDD), et auprès de nombreuses associations (Planning Familial, AIDES etc.).